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Photographier l'écureuil roux

November 1, 2018

 

Moeurs du petit lutin :

 

Cet arboricole se retrouve à proximité des forêts (surtout anciennes) où il trouvera de grands arbres à sa convenance lui permettant de trouver à la fois gîte, protection et couvert. Individualiste et territorial, il permettra à ses congénères de pénétrer sa propriété seulement si la nourriture est suffisamment abondante (c’est le cas dans certains parcs). Aussi, la femelle tout autant territoriale n’acceptera qu’une seule fois par an l’intrusion des mâles, lorsqu’elle sera réceptive à la reproduction de Décembre à Février.

 

 

Les journées de ce petit mammifère se composent de joutes, recherche de nourriture, toilettage et marquage du territoire et des itinéraires de fuite. Tous ceci avec une discrétion remarquable! Durant les beaux jours, l’essentiel de son activité a lieu le matin tôt ou le soir tard, profitant de la fraîcheur. L’Automne va marquer un regain de son activité puisqu’il va fouiller le sous-bois toute la journée pour dissimuler la nourriture qui lui servira à passer l’hiver. L’écureuil n’hiverne pas !

C’est à partir du mois de Septembre que le photographe va repérer cet adorable animal et mettre en pratique les conseils de cet article !

 

Alimentation :

 

La plupart du temps l’écureuil roux se nourrit à la cime des arbres. Habile, et caché sous le couvert des feuilles il s’y sent en sécurité. Il y recherche avec avidité toutes sortes de nourritures avec un net penchant pour les fruits secs (noix, noisettes, châtaignes et glands pour l’essentiel). Étant opportuniste, il lui arrive de manger des insectes, de l’écorce et même des oisillons encore au nid !

 

En Automne il va donc se constituer une réserve de fruits secs pour pouvoir passer l’hiver. Il fera alors bon nombres d’aller-retour entre cime et sol où il enfouira l’essentiel de sa collecte. Étant tête en l’air, il oubliera une partie de son butin qui germera ensuite au printemps. Et oui, l’écureuil contribue à la bonne santé des forêts ! Tous ce va et vient offrira au photographe bon nombre d’occasion d’immortaliser le petit rouquin.

Laissant des miettes un peu partout sur son territoire, il sera assez aisé de repérer l’animal. Aussi vous pourrez trouver sous les arbres des morceaux de noix ou de noisettes rongées trahissant sa présence. Si l’un de ces arbres vous inspire, installez votre affût à proximité, n’hésitez pas !

 

Le nourrissage :

 

Avant toute chose, le nourrissage des animaux s’il est entrepris ne doit absolument pas être interrompu durant l’hiver (surtout s’il fait froid). Les animaux ayant trouvé une manne facile et régulière pourraient perdre leur instinct de recherche. Ainsi, se retrouvant sur un secteur sans nourriture et ne sachant plus la rechercher, ils risqueraient de périr ! Fort heureusement l’écureuil ne mange pas tout ce qui lui est mis à disposition puisqu’il en cache une grande partie. C’est  de ce principe que j’adapte mes apports de nourriture (noix et châtaignes).

Le but du nourrissage va être de l’attirer vers votre affût et surtout le maintenir durant tout l’hiver à portée d’objectif.

Rythme de nourrissage :

– durant les 10 premiers jours : 10 à 15 noix / jours dès que vous vous apercevez qu’elles sont prélevées

– au bout de 10 jours : 5 à 10 noix + 5 châtaignes tous les 2 jours  pendant 15 jours

– ensuite tout l’hiver : une douzaine de noix + châtaignes tous les 3 à 4 jours

Ces quantités sont à adapter suivant le nombre d’écureuils mais également en tenant compte des autres chapardeurs comme le geai ou encore les pics épeiches. Aussi je rajoute souvent des glands qui me permettent de photographier le geai régulièrement. Le tout étant de trouver un équilibre entre ce qu’offre naturellement votre forêt et vos apports.

 

     Petite astuce perso :

 

            – je dépose également quelques graines de tournesol (une poignée tout au plus) de temps en temps, cela me permet de photographier quelques passereaux en attendant l’écureuil. Pensez à installer un joli support dédié à ces petits volatiles.

 

L’installation :

 

 

Elle se fait petit à petit, c’est important. Des changements considérables de l’environnement de l’écureuil pourraient le faire fuir.

Pour commencer placez vos offrandes dans une boîte en bois que vous aurez fixé sur le tronc ou une grosse branche d’un bel arbre. Le lieu devra offrir la lumière dont vous avez besoin pour vos images. Les prises de vue en contre-jour mettent en valeur le pelage de votre sujet. Cherchez un endroit assez dégagé mais à l’abri des promeneurs et autres « perturbateurs ».

Je recommande fortement l’emploi d’un affût dépliable et mobile type tragopan.

Le démontant à chaque fin de séance vous ne prendrez pas alors le risque que quelqu’un touche à votre installation. Mais l’affût fixe fonctionne sûrement encore mieux car parfaitement intégré dans l’environnement. Pour éviter que le jour de votre premier affût l’écureuil ait peur de votre cachette, placez un filet en guise de façade et accrochez-y quelques branches (vous laisserez en place ce dispositif). Vous placerez alors à chaque séance d’affût votre tente derrière ce rideau.

 

Au fur et à mesure de vos sorties, vous allez installer des perchoirs pour votre sujet. Très photogénique, la souche couverte de mousse ou de lichen plaira également à l’écureuil.

 

 

Si vous souhaitez faire des photos au sol, il vous faudra un endroit parfaitement dégagé. Pour ma part j’ai choisi de « fabriquer » mon propre sol forestier à l’aide de 4 piquets et d’une planche d’1m² (une vieille table peut faire l’affaire). C’est sur ce dispositif que j’installe mon décor que je peux ainsi changer quand bon me semble. Vous n’avez que l’embarras du choix, à vous d’être imaginatifs (mousses vertes, branches, feuilles mortes …etc).

 

La prise de vue :

 

D’un point de vue technique, je recommande l’emploi d’une longue focale lumineuse (ex : 300mmf4 ou mieux un 400mmf2.8). Bien que la lumière pénètre plus facilement dès la chute du feuillage, l’écureuil est un animal vif que seules des vitesses suffisantes permettent d’immortaliser. Pour le cas où l’animal est calme, 1/250ème de seconde semble suffisant. Par contre, si vous souhaitez figer l’un de ses sauts, 1/1250ème doit être un minimum, il est très rapide. Une focale à grande ouverture permettra également d’obtenir des arrières plans dilués, mettant en valeur votre sujet et offrant des bokeh très doux.

A plus de 6 mètres il est inutile d’insonoriser votre boîtier mais évitez les rafales ! Si toutefois vous tenez à le faire je vous conseille d’enrouler une serviette autour de la partie « connexion » entre objectif et boîtier. Ce n’est pas cher et c’est très efficace !

 

Il est tout à fait possible de prendre l’écureuil en grand-angle, c’est d’ailleurs l’un de mes projets. Pour cela il vous faudra utiliser une télécommande IR permettant de contrôler votre boîtier à distance. Dans ce cas il sera impératif d’insonoriser votre dispositif et de le camoufler. Pour habituer l’animal à la présence de ce matériel vous pouvez fabriquer un faux réflex que vous placerez à l’endroit voulu.

 

Voilà, j’espère que ce petit article va vous motiver à tenter l’expérience, un peu de temps avec cet adorable mammifère fait toujours du bien !

 

Nicolas.

 

Si vous êtes intéressés par les affûts Tragopan, cliquez  sur la vignette ci-dessous :

 

 

 

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